sommaire années 60-70

Le sport dans les campagnes

Premières rencontres USEP pendant le temps scolaire

 

L'USEP (Union Sportive de l'Enseignement Primaire), née après la guerre, a été un véritable mouvement pédagogique militant pour une autre conception du sport amenant à l'épanouissement de tous et non pas à une compétition forcenée, ce qui était et serait toujours aujourd'hui révolutionnaire si on redécouvrait cet esprit.

Les rencontres entre école se faisaient le jeudi, jour où il n'y avait pas classe. En ville, cela permettait d'occuper les enfants. En milieu rural les enfants s'occupaient tout seuls quand ils n'étaient pas occupés d'office par les parents, quant aux enseignants, leur jeudi était fort occupé par les courses en ville, aller chercher les légumes de la cantine, le jardin… Et l'USEP avait du mal à occuper le terrain de la campagne.

En 1964, de la même école où avait été créé le premier restaurant d'enfant rural (LANTIGNIE en Beaujolais), naissaient les premières rencontres USEP, pendant le temps scolaire et, qui plus est, autogérées !

Cela se passait le samedi après-midi (et ouï, il y avait classe tous les jours de la semaine sauf le jeudi !). C'étaient les parents eux-mêmes qui emmenaient, dans leurs voitures, les enfants de plusieurs villages. Et, à la surprise même des enseignants, ces "paysans" au lieu de faire passer le temps au caveau du coin (en Beaujolais, le caveau ne se trouve pas au cimetière bien que ce soit aussi un lieu de... pèlerinage !) participaient eux aussi à la rencontre.

Activités sportives, règles, organisation, arbitrage tout était fait, inventé par les enfants (en général par ceux qui recevaient, il aurait manqué la télématique pour le faire plus collectivement). II n'y avait plus de gagnant ou de perdant. Le rire, le plaisir, le défoulement étaient les buts à atteindre. Les conseillers de la Jeunesse et des Sports (qui venaient d'être "sortis" de l'Éducation Nationale et qui étaient, peut-être pour cela, particulièrement... révolutionnaires), les instituteurs, les parents étaient au service des enfants. Et tout le monde se retrouvait à la fin de la rencontre au bistrot du coin où enfin les adultes pouvaient sacrifier aux mœurs beaujolaises et communier (modérément) à Bacchus. Quelle ambiance !

En 71, des enseignants canadiens (Inspecteurs, prof...) demandaient au MEN de modifier leur programme pour participer à une de ces rencontres, demandaient que leur réception officielle ait lieu dans un caveau du Beaujolais et, apprenant que les instits de base n'étaient pas conviés à ces agapes très institutionnelles, refusaient de s'y rendre tant que tous leurs collègues français n'y étaient pas très officiellement invités avec les excuses de l'administration; ce qui fut fait !

Par la suite ces rencontres sont devenues plus conformes. Le samedi après-midi s'est libéré et elles se sont faites dans la semaine. Les cars ont laissé les parents de côté, le nombre de classes participant croissant, toutes les rencontres n'étaient pas autogérées, peu à peu elles furent moins imaginatives, moins créatives... moins folles ! L'administration a pu beaucoup mieux contrôler. Mais un sacré vent avait soufflé. Aujourd'hui, les règlements sécuritaires sont tels que de tels projets sont devenus impensables.

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