sommaire années 60-70

Illich - Reimer

  • Une société sans école - Ivan Illich - Ed. du seuil
  • UNE SOCIETE DEBARRASSEE DE SON FLEAU : L'ECOLE
  • Ivan Illich a fondé à Guernavaca (Mexique) le CIDOC (Centre de documentation interculturelle), laboratoire de réflexion où l'on étudiait les langues, où l'on tentait de cerner les problèmes de l'Amérique latine, du sous-développement de la société industrielle, etc. N'importe qui pouvait y demeurer le temps qu'il voulait, être prof s'il avait quelque chose à dire et étudier s'il voulait écouter. On y venait du monde entier.

    Le titre original est en fait "Déscolarisons la société" ce qui veut dire bien davantage...

    Une société déscolarisée : manifeste utopique, il donne une vision globale de ce que serait une société débarrassée de ce fléau moderne : l'école et toute la destruction de l'homme et de la société qu'elle engendre. Alors, comment Illich voit-il cette société ? Conviviale. Et il en parle dans cet autre livre ("la convivialité " au Seuil); vision élargie des rapports humains, économiques, etc., dans une société différente : une alternative totale et internationalisable.

    De nouveaux réseaux

    Ce dont nous avons besoin, c'est de nouveaux réseaux, par lesquels soient agrandies, multipliées les chances de chacun d'apprendre et d'enseigner(...). L'argent dépensé dans les installations de télévision en Amérique latine aurait suffit à mettre un magnétophone à la disposition d'un adulte sur cinq, tout en permettant la circulation d'un ensemble considérable de bandes enregistrées, la mise en place de stations d'écoute et d'enregistrement dans les villages les plus reculés, l'acquisition d'un nombre important de bandes vierges.

    En quoi, demandera-t-on, ce réseau de magnétophones différerait-il du réseau actuel de télévision ? En cela qu'il rendrait possible la liberté d'expression : que l'on sache ou non écrire, on pourrait enregistrer, répandre, faire entendre son opinion. C'est tout le contraire du réseau existant qui permet aux administrateurs - qu'ils soient hommes politiques ou enseignants - de répandre sur tout le continent leurs programmes supervisés par les institutions et qu'eux-mêmes ou les bailleurs de fond jugent bon pour le peuple.

    On souriait beaucoup, de ces idées en les taxant parfois de simplistes ce qui se veut plus outrageant qu'utopiste. Et pourtant, le développement des technologies nouvelles depuis les années 80 les a mises à notre portée. Les mondes d'ILLICH et de McLUHAN sont bien là : tout est possible, le mieux comme le pire si on oublie les mises en garde des .... mêmes.

  • Voici les trois buts que propose ILLICH dans le cadre d'un système éducatif non scolaire adapté aux nouveaux besoins éducatifs :

    " - Permettre à tous ceux qui veulent apprendre d'avoir accès aux ressources disponibles à n'importe quel moment de leur vie.

    - Donner la possibilité à ceux qui veulent partager ce qu'ils savent de rencontrer ceux qui veulent apprendre.

    - Fournir à tous ceux qui veulent présenter un problème au public les moyens de le faire"

  • Mort de l'école : Everest REIMEIR (ed stock)
  • Conserver la méritocratie

    Ami personnel de Yvan ILLICH, Everert REIMER considère ce livre comme le résultat de quinze années de conversations avec l'auteur de "Une société sans école". Ce qui ne signifie pas toutefois que ce livre est un fidèle reflet des théories d'Illich en matière d'éducation. L'auteur propose des solutions de rechange (c'est la sous-titre de son livre) s'articulant autour de 3 lois fondamentales

    - Modification des lois en ce qui concerne le monopole d'État en matière d'éducation car l'école des temps modernes est devenue plus puissante que l'église du Moyen Âge.

    - Mise eu place de lois proscrivant le favoritisme fondé sur la scolarisation, comme .sur la race ou la religion et cela pour le' mêmes raisons. Des lois anti-discriminatoires en ce qui concerne la scolarisation en quelque sorte.

    - Vote de lois rendant obligatoire une égale répartition des ressources éducatives publiques : Afin d'égaliser les chances en éducation, nous devrions distribuer les ressources éducatives en raison inverse des privilèges actuels.

    " Les écoles définissent le mérite .selon la structure de la ,société .servie par les écoles. Cette structure est caractérisée par la consommation concurrentiel de produits technologiques définis par les institutions. Les, institutions définissent les produits d'une manière qui soit en accord avec le maintien d'une hiérarchie de privilèges et, dans la mesure du possible, avec la faculté pour les membres de la classe, ordinairement privilégiée de garder leur statut dans la nouvelle méritocratie".

    "(...) Les enfants apprennent à l'école non seulement les valeurs scolaires mais ils apprennent aussi à accepter ces valeurs et ainsi d .s'accommoder du système. Ils apprennent la valeur du conformisme et, bien que cet enseignement ne se limite pas à l'école, c'est là qu'il se concentre. L'école est le premier lieu, fortement institutionnalisé que la plupart des enfants rencontrent. "

    sommaire années 60-70