sommaire années 60-70

Carl Rogers

LA "NON DIRECTIVITÉ"

Liberté pour apprendre

Carl ROGERS a fait naître un courant nouveau... et fait couler beaucoup d'encre, provoqué des débats sans fins, y compris dans les mouvements pédagogiques : la non directivité.

Avec 2 ouvrages : "La liberté pour apprendre" (1971, "Le développement de la personnalité" (1966, Carl ROGERS, psychopédagogue et psychothérapeute américain, a été un des auteurs les plus à la mode et aussi des plus controversé des années 70. La non-directivité a été un concept mis un peu à toutes les sauces. On l'a souvent confondu avec le laxisme qui n'engendre que l'indifférence ou la frustration. Il n'empêche qu'il a provoqué, y compris les tenants des pédagogies modernes.

Au cours de sa carrière de thérapeute, il met au point une méthode et des principes nouveaux de la relation d'aide qu'il définit d'abord comme "non directive", puis plus tard comme "centrée sur le client". Il applique ses idées dans son enseignement et grâce à un changement complet des relations entre maîtres et élèves, propose un plan pour une révolution totale de l'Éducation. En particulier à la notion d'enseignement qui lui paraît futile ou nuisible, il oppose celle d'apprentissage libre, volontaire, motivé, seul capable de procurer à l'étudiant aussi bien l'épanouissement de sa personne que la possibilité de s'adapter au monde moderne en constante évolution. On retrouve ses idées dans l'expérience de NEIL à SUMMERHILL.

Et surtout, il s'implique lui-même dans sa pratique d'enseignant, en tant que personne et non pas en tans fonction, dans la relation d'apprentissage. C'était un praticien. Ce que les universitaires qui l'ont le plus critiqué ont soigneusement occulté ! Il s'accepte lui-même et place authenticité comme facteur essentiel dans l'efficacité c relation. Et lorsqu'il remet en cause la primauté de l'enseignement sur l'enseigné, il ne fait pas de doute qu'il chatouille ainsi majorité d'enseignants.

Il est dommage qu'il ait été très mal interprété. Sa pratique décrit et qui valide ses propos était celle d'un enseignant a à faire à des étudiants adultes ayant librement fait des c d'apprendre et non pas à des enfants contraints d'apprendre.

Jules SELMAT, instituteur remplaçant, applique ainsi la non-directivité de façon stricto-senso dans une école de banlieue dans une expérience qu'il raconte dans "Journal d'un éducastreur" (ed Champ Libre) et dont les débordements font plus ou moins rayer la non-directivité des pratiques possibles

Pourtant la notion de "groupes de base" (training-group) a influencé les tentatives de réformes des années 70.

Malheureusement elle a aussi été transformée en une pédagogie des groupes qui se contentait, sans même s'en être donné les moyens matériels (espace, transformation des notions, programmes, progressions..) de créer des groupes temporaires pour quelques activités.

Le plan de Révolution de I'Éducation de Carl ROGERS

ROGERS estimait qu'une révolution ne peut être imposée du dehors par quelque autorité que ce soit. C'est le système éducatif seul et lui aussi librement qui pourra se transformer.

Il semble nécessaire à ROGERS de créer d'abord le climat nécessaire afin de transformer l'acte d'enseignement en un acte d'apprendre volontairement assumé et dirigé par l'étudiant. Pour cela un outil : Le training -group.

Le training-group

II s'agit d'un groupe de 10 à 15 personnes plus un facilitateur, réuni pendant plusieurs jours, qui doit fournir ce climat de liberté maximum, aussi bien dans l'expression des sentiments que dans la communication entre individus. Et pour que le système entier se transforme en même temps, le training-group doit être utilisé par tous

- Les administrateur qu'il faut réunir dans des ateliers d'au moins une semaine.

- Les enseignants qui doivent faire partie de groupes de base et eux aussi se réunir en séminaire de plusieurs jours.

- La classe (maîtres, assistants, étudiants et même le concierge) réunie dans un groupe de 5 jours pleins.

- Les parents à qui il faut offrir également des expériences de groupe pendant un W.E. ou des soirées de 3 heures au moins ou des séances marathon de 24 heures.

- Les facilitateurs doivent venir de l'extérieur. Et ce système de formation doit se compléter de groupes verticaux (administrateurs, enseignants, élèves, parents) sur des thèmes comme "Ce que j'aime et ce que je n'aime pas dans telle école, ce que je souhaiterais qu'elle soit... " Par ces training-group, il pense ainsi provoquer des transformations profondes des relations et des regards des uns sur les autres, donc créer un climat propice à d'autres transformations.

L'évaluation

Pour Rogers un plan de réforme ne devrait pas être lancé sans que parallèlement soit mis en place un système pour évaluer les résultats. Cette évaluation doit être faite aussi bien par les animateurs des expériences que par des observateurs étrangers.

Elle doit porter sur les hypothèses implicites, les attitudes et les comportements les méthodes éducatives et 1es innovations.

30 ans après il ne vient toujours pas à l'idée d'évaluer si les attitudes et les comportement, ont changé après la énième réforme.

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