On oublie trop qu'il s'est passé beaucoup de choses dans l'Institution elle-même. Au niveau de l'Éducation Nationale, quelles qu'en soient les raisons profondes ou inconscientes, des réformes qu'on peut bien qualifier d'audacieuses ont été impulsées. On peut toujours dire que l'Administration et les Politiques n'ont pas donné les moyens nécessaires à la réussite des transformations, mais c'est peut-être un peu facile. II a bien soufflé un vent qui n'a pu réveiller les inerties. Si on a dit souvent que c'est la croissance, le confort d'une société qui auraient été les ferments de 68, on pourrait dire à l'inverse que c'est le confort dans lequel beaucoup étaient installés qui a étouffé 68 ! L'Éducation Nationale a peut-être été plus... révolutionnaire que ses administrés !
Au niveau du terrain, dans l'école publique elle-même et non pas dans des structures privées et privilégiées, que d'expériences ont foisonné durant ces 2 décennies ! Et ce, sans bruit, sans déclarations, sans d'autres buts que l'intérêt évident des enfants. Tranquillement. Aucune n'a été un échec. Beaucoup sont allées plus loin que ce qu'on imagine même aujourd'hui. Et toutes totalement méconnues alors qu'elles mériteraient chacune un ouvrage, ne serait-ce que pour servir de points d'appui à d'autres. Ne serait-ce que pour que nos théoriciens, chercheurs cessent d'élaborer des pensées qui ne reposent que sur du virtuel alors qu'un concret, beaucoup plus riche, beaucoup plus inventif, ouvre des perspectives elles accessibles.
Si l'on devait retenir une seule leçon de ces années, ce serait que l'ensemble de notre société, de nos décideurs, s'aperçoive enfin que des centaines de praticiens continuent à inventer, innover, bâtir dans leurs coins... et que cela marche ! Un nouveau gâchis serait peut-être évité. Mais est-ce encore rêver ?