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Avant qu'existe le minitel ou internet

des circuits de correspondance naturelle aux réseaux.

En 1972 une "bande" d'instits du mouvement Freinet se lançaient dans l'aventure des "cicuits de correspondance naturelle". Partant de l'a priori que communiquer était un besoin "naturel" des enfants, la correspondance, vieille technique freinet, devait sortir de son caractère plus ou moins scolaire, plus ou moins obligatoire ou semi-obligatoire qu'elle avait jusqu'alors. Et ces enseignants créent une dizaine de circuits hétérogènes dits "circuits de corres naturelle" comprenant unbe vingtaine de classes chacun.

C'est probablement l'ancêtre des réseaux de communication électronique d'aujourd'hui : Chaque enfant, chaque classe qui avait quelque chose à communiquer aux autres (texte, info, dessin...) envoyait une vingtaine d'exemplaire d'une ou plusieurs pages imptimées, ronéotypées ou limographiées à une classe centralisatrice. celle-ci agrafait les diverses pages en une "gerbe" commune qu'elle répercutait à l'ensemble du circuit. Et dans chaque classe on pouvait réagir... ou non. Un de ces circuits a eu une vie étonnante : Comprenant qu'une information a d'autant plus de chances de provoquer des réactions qu'elle est "fraîche", la "gerbe" dans ce circuit était envoyée chaque semaine, même si elle ne comprenait qu'une page. De plus une "gerbe" parallèle, constituée par les lettres, les mots que les adultes envoyaient au responsable, était également envoyée aux maîtres.

"On peut écrire comme on veut, à qui on veut, quand on veut, si on veut" a été le proncipe de ce circuit, principe qui d'ailleurs à l'époque a provoqué de vifs débats parce qu'il allait à l'encontre de la forme classique de correspondance pratiquée jusqu'alors.

Cette communication fut tellement riche et provocante qu'elle fit exploser les structures de certaines classes pourtant toutes "freinet", envahit tout le temps scolaire (plus possible de respecter emplois du temps, programmes) et même l'espace (les murs se couvraient de lettres géantes, de dessins ...). Elle eut une telle force affective que certains enseignants prirent peur.

Au bouts de 3 ou 4 ans les circuits périclitèrent. Il fallut attendre 1977 pour qu'un des fondateurs de ces circuits fasse redémarrer un nouveau réseau dans la Vienne basé sur les mêmes principes. Beaucoup plus ouvert (il y avait toutes sortes de classes, une seule étant de type freinet), ce réseau en intégrant la télématique en 1985 devait être une des racines principales du vaste réseau télématique d'abord surtout freinet et implanté sur différents serveurs (CNRS, Ville de Châtellerault, Rectorat de Nice), puis plus ouvert et jusqu'à avoir son propre serveur (3614 Marelle).

Quant à la conceptualisation et à la théorisation de ces pratiques de communication intimement liée à celles de l'hétérogénéité en classe unique, elles devaient donner naissance à la "Pédagogie de la Structure et de la Communication". Elle se rapproche de la Pédagogie Institutionnelle (elle aussi sortie de la mouvance freinet dans les années 60) quant à l'importance capitale du groupe, mais n'aboutit pas à des formes rigides qu'elle aurait plutôt tendance à empêcher (structure en constante évolution ou transformation, n'aboutissant pas à une institutionnalisation). Moins formelle, elle ne produit pas de "lois", de "méthodes" et se veut en construction permanente. Si la Pédagogie Institutionnelle est fortyement liée à la psychanalyse, on peut rattacher ce second mouvement plutôt aux "antipsychiatres" de la même époque (Laing, Cooper, Gentis, Guattari...) bien qu'aucun lien réel n'ait eu lieu entre les uns et les autres.

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