L'ÉCOLE EN BATEAU
Parmi toutes les expériences "post-soixante-huitardes", L'ÉCOLE EN BATEAU est une des rares qui continue d'exister de nos jours.
Un beau jour de 1969, cinq gosses et un homme décident de partir sur un voilier Partir car ce n'est pas exactement par l'école qu'ils pensaient s'épanouir. Les murs, les "gueulantes" des profs, les colles, la discipline bornée très peu pour eux. Alors un bateau et à nous la Méditerranée. A l'heure actuelle l'expérience continue avec plusieurs groupes d'adultes et d'enfants, plusieurs voiliers. La Tunisie et le Maroc sont traversées par d'étranges caravanes de gosses sur des ânes achetés puis revendus lorsqu'on arrive puis qu'on quitte le pays. C'est l'Éducation par le voyage, l'apprentissage de l'autonomie, la liberté en un mot.
L'école en bateau, c'est aujourd'hui un ensemble de petits groupes, composés chacun de 2 à 4 garçons et filles entre 10 et 16 ans, avec un adulte et qui vont lentement leur vie d'itinérance en Espagne, au Maroc, en Tunisie, en Sicile, en Grèce, en Turquie. A pied, en bivouaquant avec des ânes, en chariot ou en bateau à voile. Deux bases fixes : l'une arboricole dans une île grecque à Chios, l'autre artisanale intégrée à la Médina d'Azou (Atlas marocain). Pas d'année scolaire mais le rythme saisonnier des travaux et des jours.
En itinérance, on s'emploie quelques jours par mois à des travaux à la sauvette mais suffisants pour se nourrir. Le reste c'est une coopérative de parents qui le finance. Parents pauvres qui paient peu, parents aisés qui paient plus.
Expérience éducative hors de la famille : on se débrouille, vivre sa vie en, trouvant sur place dans un petit groupe autonome. Les parents ne sont pas exclus ; leur action se fait à distance et indirectement par l'intermédiaire d'une association loi 1901 et une coopérative.
Pas de ponts coupés non plus avec l'Étude. Nulle idée d'un programme scolaire ! Mais l'anglais qu'on apprend pour et par nos voyages. Les maths et la physique qu'on fait pour la navigation, la plongée, le bâtiment. La botanique, la géologie ' la géographie, l'histoire qu'on. vit dans nos déplacements. Tout cela nous maintient dans les eaux du sacro-saint Programme. Et lorsqu'un enfant retourne aux Études, en Classe... il le fait sans problèmes dans la classe qui correspond à son âge.
Neuf (1) ans que cela dure, trente ans que l'on cherche. "L'École en Bateau" : École parce que sans cela elle ne serait pas. En bateau parce que le bateau, notre seul mode d'itinérance à nos débuts, reste le modèle organique et jouissif de notre existence : le petit équipage où chacun doit trouver sa place. Pourquoi un enfant dès qu'il sait lire, compter, cuite un uf ne court-il pas le monde ? N'aurait-il déjà plus de pattes ?
ACTUALISATION 2008 : L'école en bateau ne fonctionne plus comme telle depuis au moins une bonne dizaine d'années. Cette expérience a été entachée par la mise en examen de son instigateur soupçonné de pédophilie voir ou là. Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain : si exaction il y a, le procès à faire n'est pas celui de l'expérience en elle-même, sinon il y a belle lurette que l'église catholique, voire l'école publique, auraient dû disparaître.
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"C'est l'école en bateau, c'est l'école des ânes, c'est une école sans local fixe, dont les murs sont les bordées de bois des flancs du navire ou le poiul de chameau tissé des pans de la tente" "Les enfants sont libres, libres pour se faire à manger, libres pour laver leur linge, libres pour apprendre, libres pour soigner les bêtes, libres d'inventer, libres de se taire". |
On the road again L'Angleterre a été le premier pays où se sont créées des alternatives à l'école (itinérantes). Les fugueurs qui partaient en auto-stop ont été en quelque sorte les pionniers de cette manière de vivre. Des groupes d'enfants et d'adultes se promenaient dans de vieux bus (dits "impérials") à travers l'Angleterre et vivaient en communauté de manière originale. |