I Summerhill - II Barbiana
NEIL ET L'EXPERIENCE DE SUMMERHILL
SUMMERHILL SCOOL l'école créée par AS NEIL en 1961 a survécu à la mort de celui-ci en 1973. Étonnante expérience validée en quelque sorte par la disparition de son créateur.
C'est un véritable organisme social autogéré, indépendamment de l'homme dont la personnalité fut si intimement mêlée à sa conception. "On me demande souvent si Summerhill n'est pas le fait d'un seul homme et si cela me survivra. Summerhill n'est pas du tout cela. Ce qui a fait de l'école ce qu'elle est, c'est la notion de non-interférence avec le développement de l'enfant et d'absence de pression sur lui". On peut rapprocher ceci d'un thème défendu actuellement par B.Collot des CREPSC défendant le principe que l'action de l'enseignant doit être en priorité en direction de l'environnement et de la structure au lieu d'être directement en direction de l'enfant ce qui permet à une école "outil conceptuel" de ne plus dépendre de la personnalité de celui qui l'a construit.
Le "self-government" est l'épine dorsale de Summerhill. Cette autogestion n'est pas une demi-concession, c'est un style de vie qui fonctionne grâce à des réunions régulières facilitant !es expériences, tes changements, et évitant l'immobilisme. Une mobilité, un développement permanents, non pas suscités par une bureaucratie anonyme ou un maître charismatique mais par l'observation, l'interaction de chacun, la discussion, la diplomatie. Chacun exerce son droit à influencer directement la communauté dans laquelle il vit. Tout peut être remis en question.
"Summerhill est une communauté de 75 enfants de 5 à 16 ans et d'une douzaine d'adultes, sans compter le personnel de service. La plupart sont internes. L'enseignement structure la communauté mais ce n'est pas l'essentiel. Nous consacrons le plus gros de notre temps et de notre énergie à la gestion de la vie quotidienne dans tous ses aspects."
"Les house parents (adultes) sont responsables de la santé et du bien-être des enfants dont ils ont la charge, mais n'ont pas autorité sur eux, juste les mêmes droits que tout un chacun. Ce qui leur permet de vivre parmi les enfants sans avoir à faire la police. Ce qui leur permet aussi des rapports plus créatifs, comme ami, soignant, confident, et surtout égal " (extrait d'un article parut dans la revue Friends of Summerhill publiée 2 fois par an par l'association du même nom et repris par le Guide annuaire des Écoles différentes de Roger AUFRAN.)
Curieusement Summerhill a eu beaucoup plus d'impact en France qu'en Angleterre ou, malgré son succès, ses résultats., et sa longévité il est relativement peu connu.
"Libres enfants de Summerhill" AS NEIL (éd Poche -éd Maspéro)
"La liberté pas l'anarchie" - A.S. Neil (éd. Payot)
"Summerhill" Documentaire de 60 minutes, Films de l'Interstice 51 rue G. Clemenceau 94210 ST-MAUR des FOSSES
"lettre à une maîtresse d'école"
Don LORENZO MILANI, prêtre italien, de 1954 à 1967, dans un village déshérité des Toscane, créait une école exceptionnelle et dérangeante.
La hiérarchie catholique italienne se débarrassait en 1954 d'un prêtre un peu trop remuant en l'envoyant à Barbiana, village perdu des montagnes de Toscane, sans eau, sans électricité et bien sûr sans école. Immédiatement Don LORENZO crée une école... en plein air. D'abord 6 élèves s'y présentent, puis 12, puis 20 .... Tous les rejetés du système scolaire des environs viennent à Barbiana parce qu'elle représente un réel espoir.
On n'y faisait pas l'école comme ailleurs. "On pouvait travailler 12 heures par jours, 363 jours sur 365". Les enfants y organisent leurs études avec Don Lorenzo. On se sert de tout, des journaux avec lesquels an apprend à lire mais aussi qu'on apprend à critiquer, on construit, an invente, on travaille seul, à 2, â plusieurs, chacun enseigne aux autres... L'étude cesse d'être une corvée. On ne s'arrête même pas aux études obligatoires à l'école primaire. Bien que prêtre catholique, Don Lorenzo est résolument "du côté des pauvres" et il n'hésite pas à braver la hiérarchie catholique qui trouve que les enfants qui sortent de Barbiana un peu trop citoyens.
Quelques mois avant sa mort ses élèves écrivent un livre "Lettre à une maîtresse d'école" (éd Mercure de France 1967), véritable réquisitoire contre une école et une culture de classe, livre qui immédiatement est un best-seller.
"En me rendant une dissertation à laquelle vous auriez mis 4, vous m'avez dit un jour : "On naît écrivain, on ne le devient pas". Mais en attendant vous recevez un traitement tous les mois pour enseigner l'italien. L'idée de génie est une invention bourgeoise qui tient à la fois du racisme et de la paresse. Certes, en politique aussi il est plus difficile de démêler le mécanisme complexe des partis que de prendre un De Gaulle et de dire que c'est un génie qui incarne la France.
C'est comme ça que vous faites avec l'italien. Pierino n'a pas besoin de s'y reprendre à deux fois avant d'écrire. II écrira des livres comme tous ceux qui circulent. Des livres de 500 pages qu'on pourrait réduire à 50 sans qu'il manque une seule idée. Moi je n'ai qu'à prendre mon mal en patience et à retourner dans mes forêts. Vous, vous pourrez continuer à vous tourner les pouces dans votre chaire et à faire des petites marques sur votre cahier de notes"
Documentaire de 60 minutes, "Adieu Barbiana" films de !'interstice -51, rue G.Clémenceau 94290 ST-MAUR DES FOSSES