1975 1977 : le droit des enfants... une émission régulière à la radio!
La Déclaration des Droits des Enfants'; adoptée en novembre 1959 PAR L'AG des Nations Unies, n'a donné lieu à la "Convention des Droits de l'Enfants" qu'en 1989, cette dernière n'étant ratifiée par la France (et 64 états) qu'en... 1991 !
On n'en cause pas beaucoup. Et bien, de décembre 1975 à Septembre 1976, 10 minutes par jour sur EUROPE 1, puis jusqu'en mai 1977 tous les mercredis pendant 1 heure 30, Bertrand BOULIN fit parler les enfants de 8 à 17 ans. De leurs désirs, de leurs angoisses, de leurs peines, de leurs espoirs. Faire parler les opprimés, faire uvre de témoignage puis dresser un catalogue des doléances, tels étaient les objectifs de Bertrand BOULIN.
L'émission était tellement provocatrice qu'elle entraîna bien entendu des réactions politiques : "Quelles mesures compte prendre le Premier Ministre devant cette incroyable succession de revendications en l'absence de toute référence aux devoirs ; il s'agit d'une véritable incitation de mineurs à la débauche et d'une opération de subversion morale qui sape et bafoue l'autorité dans la cellule familiale" s'indignait un député... qui obtenait le sabordement de l'émission.
A partir du matériel accumulé à la radio, B. BOULIN, JM DESJEUNES et P.ALPHONSI rédigeaient un livre, "La charte des enfants" (éd. Stock) où ils dénonçaient un certain nombre de propositions. Certaines allaient à contre-courant comme la demande de "suppression des crèches où les enfants sont parqués comme ries moutons" ou celle de "suppression des juges pour enfants incompétents en matière éducative et se masquant pour exercer leur répression et leur volonté d'intégrer l'enfant déviant" ou encore la demande "que l'enfant puisse toucher lui-même ses allocations familiales et puisse travailler à partir de14ans". D'autres plus banales comme "le droit au consentement sexuel et affectif à partir de 14 ans" ou plus provocatrices comme "la suppression de la loi sur le détournement de mineurs" qui les conduiraient aujourd'hui directement devant un tribunal.
La famille, l'autorité, l'école ne sont pas ménagées. Peu importe les jugements de valeur que l'on peut poser sur leurs propositions, ils avaient le mérite, et ce de façon ouverte et publique, de faire parler et de poser des problèmes jusque là tabous.