Café Pédagogique n° 33
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- INTERVIEW
propos recueillis par Jean-Pierre Crespin
Interview de Bernard Collot auteur de : Une école du 3ème type ou
"La pédagogie de la mouche", l'Harmattan
Bernard Collot vient de publier "Une école du 3ème
type" aux éditions de l'Harmattan. Dans ce livre de pédagogie vécue
(plus de 40 ans de pratique), il met les processus au centre de son discours.
Mais qu'est-ce exactement qu'un processus... d'apprentissage. Doit-on préférer
cette dénomination à celle de "stratégie" qui fait florès chez les
chercheurs en Sciences de l'Éducation qui... cherchent sans doute beaucoup mais
ne trouvent peut-être pas énormément de réponses immédiates. D'ailleurs,
hors l'imagerie médicale en neurosciences qui rend compte de ce qui se passe
dans les assemblées de neurones impliquées, il n'y a peut-être rien à
trouver. Il suffit à présent d'observer comme le recommande Georges Charpak :
mettre la main à la pâte. Essayer de savoir un peu où se passent ces choses
si mystérieuses que sont la lecture, l'écriture, l'exercice de la raison. Ça
rassure une fois qu'on le sait ! Bernard Collot n'élude pas cet aspect
théorique qu'il traite en une soixantaine de pages dans un chapitre intitulé
"Quelques éléments théoriques... et de bon sens".
C'est un vrai bonheur que de lire ce livre aussi rafraîchissant qu'humaniste.
Bonheur que celui d'enseigner autrement et bonheur d'apprendre pour soi et par
soi...
Alors CP ou CM2, ça n'a plus d'importance ! Du moment que le maître ou la
maîtresse « nourrit » les 'processus' des enfants heureux d'apprendre... Une
mouche ou une araignée suffiront à allumer le feu de la curiosité sans fin.
D'où le titre exact: Une école du 3ème type ou "La pédagogie de la
mouche".
Le café pédagogique a interrogé Bernard Collot au sujet de cette "École
du 3ème type":
JPC (Café): Bernard Collot vous utilisez fréquemment le terme
"processus". Que représente-t-il pour vous dans les apprentissages
des enfants de 2 à 12 ans ?
BC: Lorsque je tourne la clef de contact de ma bagnole, miracle, le moteur
tourne. Je sais vaguement qu’il y a eu fermeture d’un circuit électrique,
production d’une étincelle qui etc. etc. Il y a eu un ensemble d’opérations
qui ont conduit au miracle. Si cela ne marche pas, le garagiste qui lui connaît
tout le « processus » de mise en route saura exactement à quel endroit il y a
blocage du processus et il réparera mon moteur. Le directeur de l’usine et
ses ingénieurs connaissent bien les processus de fabrication de ma bagnole,
grosso modo ce seront d’ailleurs les mêmes que pour celle de mon voisin d’une
autre marque. Même s’ils est passablement compliqué, dans le monde de la
mécanique il y a un processus identifié qui conduit à la sortie de centaines
de mécaniques identiques, c’est à dire un résultat préalablement
déterminé.
Dans le monde du vivant, il y a bien aussi processus. Il n’est même fait que
de processus sans fins ou cycliques. Le problème c’est qu’ils sont d’une
complexité infinie, étroitement interdépendants les uns des autres, que l’aléatoire
y a une part essentielle et qu’il est impossible de vouloir en extraire un
pour pouvoir le reproduire et le maîtriser. On ne peut avoir qu’une idée
assez grossière de ce qu’ils peuvent être. Par contre on peut connaître un
certain nombre de conditions qui favorisent leur enclenchement ou leur
développement. Je sais que mes salades auront besoin d’eau pour germer, que
mes bruyères se développeront mal dans un sol trop calcaire contrairement à
ma touffe de buis.
N’importe quel apprentissage fait simplement partie du développement d’un
être vivant (humain) dans un terrain vivant particulier (société). Il est l’aboutissement
d’un processus qui a la complexité des processus vivants. Vouloir démonter l’objet
de l’apprentissage (la bagnole !) pour établir un processus de remontage vaut
pour la mécanique et quand l’objet est extérieur au sujet. C’est ce que
fait la didactique en démontant chaque matière. Mais l’apprentissage, tout
au moins pour les enfants dans ce qu’on appelle apprentissages fondamentaux,
consiste en une auto-construction. La résultante de l’apprentissage c’est
la complexification de leur personne et non une connaissance que l’on rajoute
dans ses poches. Les processus sont de l’ordre du vivant.
Plutôt que de conduire des processus que j’ignorais, que je savais forcément
différent suivant chaque enfant, chaque situation d’enfant, je me suis
attaché essentiellement aux conditions qui pouvaient favoriser leurs
déclenchements et leur évolution. Il est impossible qu’une autre personne
que l’enfant déclenche un processus d’apprentissage. Elle peut juste le
favoriser ou l’empêcher. Mais bien sûr que la connaissance par l’enseignant
du démontage de l’objet de l’apprentissage (les matières), la didactique,
n’est pas inutile dans la fonction d’aide. Mais les processus d’apprentissage
ne sont pas celui qui a permis de constituer son objet (matière,… bagnole !)
J’étais tout simplement et tout bêtement pragmatique.
JPC: Vous définissez un certain nombre de langages en
tant qu'outils neurocognitifs nécessaires à la communication. Ces langages
recouvrent-ils selon vous toutes les potentialités cérébrales des enfants qui
apprennent ?
BC: Il faut s’entendre sur le terme communication. Pour ma part je l’ai pris
dans son sens de circulation de toute information préhensible par les sens à l’intérieur
d’un système vivant, entre ce système et son environnement, entre systèmes
vivants. Dans la mesure où elle provoque interaction, c’est à dire
modification (ou évolution) de l’émetteur comme du récepteur. Les langages
étant les outils cérébraux créés par la communication et la permettant.
Nager par exemple est alors bien un langage : communication avec l’élément
aquatique et possibilité d’y évoluer. C’est bien aussi une potentialité
cérébrale. Lors des premières expériences d’apprentissage massif et
systématique de la natation en grand bassin, beaucoup d’enseignants ont été
très surpris de constater qu’après la piscine certains enfants faisaient des
progrès… en orthographe ! On peut se dire qu’il s’était peut-être
passé quelque chose… dans le cérébral bien que je sois bien incapable de
dire quoi, mais peu importe.
N’importe quelle information va-t-elle mobiliser tous les langages, donc
toutes les potentialités ? Comme Hubert REEVES je dirais qu’elle tombe dans
un océan de possibles. Suivant l’état de l’enfant, les circonstances, le
contexte, elle pourra être traitée par le langage corporel, oral, écrit,
mathématique, scientifique, graphique, pictural etc., ou par aucun ! Toujours
simplement pragmatique, mon souci a donc été d’aménager la classe, ses
outils, son organisation de telle façon à favoriser ce traitement de l’information,
à provoquer l’utilisation des langages dévolus à l’école ou nécessaires
dans un monde plus large que celui de la famille, du voisinage ou de la rue.
JPC: Il semble bien que vous situiez l'école dans une
perspective systémique. Vous parlez de "structure dissipative".
Pouvez-vous expliciter ce concept en quelques mots ?
BC: Tous les systèmes, vivants, minéraux sont structurés. Toutes les classes
quelles qu’elles soient sont structurés. Le rôle d’une structure étant de
maintenir le système dans son état. Cela posait d’ailleurs un problème
théorique pour la thermodynamique classique qui opposait l’ordre au
désordre. Ilya PRIGOGINE a alors inventé le concept de structure dissipative.
Grosso modo, dans ce type de structure, le désordre (ce que ATLAN appelle le
bruit) crée de l’organisation ou une nouvelle structuration. La structure n’est
plus immuable. C’est d’ailleurs le propre de la structure de chaque enfant
sinon il n’apprendrait pas puisque chaque apprentissage le modifie.
Une classe traditionnelle a une structure de type minéral ou cristalline.
Aucune information extérieure non prévue ne doit pouvoir troubler ou modifier
l’ordre établi (emploi du temps, programmation, rangées, etc.). Or, cet
ordre est pratiquement impossible à maintenir dans une classe unique. Le
succès incompréhensible des classes uniques peut alors trouver une explication
: c’est par la force des choses une structure dissipative et c’est cette
dissipation, que l’on peut prendre alors dans son sens commun, qui provoque
une structuration des enfants (apprentissages) qui échappe au maître.
Ilya PRIGOGINE venait de me donner la clef théorique qui me manquait quant à
la cohérence de mes pratiques. La structure de ma classe devait être
consciemment dissipative si je voulais que n’importe quelle information puisse
provoquer utilisation des langages et leur évolution (structuration). C’était
alors l’activité provoquée par l’information et son traitement qui
provoquait l’organisation . D’autre part, dans la classe, le pot de fleur,
le jardin, le coin bar, le salon de lecture, le bric à brac, la mare, la mouche
sur la vitre… la possibilité pour les enfants d’aller et venir, de se
rencontrer, de rencontrer un environnement, tout cela était autant d’entrées
possibles de l’imprévu, de la dissipation.
JPC: Pour vous, l'hétérogénéité des petites
structures (classes uniques ) est une richesse et une ressource. En quoi et
comment peut-elle être profitable à l'ensemble ?
BC: Les langages permettent d’accéder à des espaces et des mondes de plus en
plus larges. Ils élargissent les cercles de chacun. Dans une structure où vit
un groupe hétérogène une multitude d’espaces existent ainsi « pour de vrai
» ! Par exemple, le petit qui n’accède pas encore au monde de l’écrit le
voit pourtant exister, comme dans sa famille il voyait ses parents marcher,
parler. La motivation de l’apprentissage c’est alors accéder à un monde
qui existe, élargir ses cercles dans ceux qui l’entourent, explorer et
appartenir à ses cercles. L’horizon de l’enfant est visible. Et le petit
apporte aussi ses propres mondes aux autres, par exemple celui de l’imaginaire.
Souvent l’utilisation d’un langage en fait oublier un autre.
L’autre apport essentiel est pour moi la facilité de la reconnaissance de
chacun. Le grand, aussi peu avancé soit-il dans un langage, pourra toujours
apporter quelque chose à un plus petit dans ce langage, donc être reconnu,
exister. Nous sommes faits de langages ou nous n’existons que par les
langages. Encore faut-il que l’on nous y reconnaisse. La reconnaissance est
pour moi un préalable incontournable à l’évolution de chacun.
De ce fait l’hétérogénéité va rendre possible la complémentarité en
lieu et place de la concurrence. Elle provoque ainsi une dynamique.
JPC: Vous parlez de "compagnonnage" alors que
Michel Monot, l'initiateur de la PMEV (Pédagogie de Maîtrise à Effet
Vicariant) utilise le terme de vicariance. S'agit-il de pratiques coopératives
réellement différentes ?
BC: J’avoue avoir quelque mal à rentrer dans le concept de Michel. La
vicariance (le vicaire qui peut remplacer l’autre) me fait un peu penser aux
effets de compensation. Dans la pratique cela se traduit, me semble-t-il, par
une méthodologie. Mais ce n’est probablement qu’une approche différente
prenant en compte les mêmes fondements. J’ai utilisé le terme de «
compagnonnage » surtout en ce qui concerne l’autoformation des enseignants.
Il n’est pas forcément plus exact lui non plus puisque les « compagnons »
avaient des « maîtres ». Or ce que je crois seul efficace, c’est le
croisement de l’expérience (dans son sens de vécu), du tâtonnement, de l’interrogation.
Ceci s’effectue dans la parité absolue, l’enseignant débutant apportant
autant sinon plus au chevronné. Exactement de la même façon que les enfants
en classe. Il n’y a alors pas besoin de structures préalablement
coopératives. Simplement des espaces, y compris virtuels, dans lesquels on se
retrouve et où on se reconnaît. Dans ses espaces, il s’agit simplement de
créer alors les lieux de rencontre, comme par exemple la liste télématique
listecolfr. En ce qui concerne les adultes, cet espace est d’ailleurs
exceptionnel… et il n’y a pas de « conseil coopératif » !
« Ni dieux, ni maîtres » cessant d’être une devise idéologique, ce
pourrait bien être le fondement de l’efficience cognitive et sociale !
JPC: Que pensez-vous des récents apports de l'imagerie
médicale dans la connaissance effective de ce qui se passe dans la 'boîte
noire' qu'est le cerveau de chaque élève ?
BC: Je lui trouverais un côté positif et un côté négatif. Pour ce qui est
de positif, et dans la mesure où l’on lie le terme « scientifique » à
celui « d’incertitude » (la certitude c’est le domaine du religieux ou de
l’idéologie) cette connaissance nous ramène à plus d’humilité face aux
enfants, nous empêche de nous réfugier dans le rôle d’accusateurs (« c’est
un paresseux, un fauteur de troubles… »), nous fait apparaître la
complexité biologique. Elle est alors un éclairage utile qui provoque plus d’interrogations
que de réponses (exemple le problème de la dyslexie). Cela devient négatif si
à partir de cela on veut construire une pédagogie « scientifique ». Il
faudrait alors réduire la complexité à quelques-uns de ses éléments, ce que
personne ne peut faire. La complexité, je pense qu’il faut la permettre, ce
qui n’est déjà pas facile, plutôt que vouloir la maîtriser. Dans un autre
domaine l’utilisation systématique des connaissances biologiques ont conduit
à l’agriculture industrielle. On sait maintenant qu’elle n’aboutit pas
aux effets escomptés et qu’elle produit des dégâts collatéraux colossaux
et quasi irréversibles.
JPC: Que vous a apporté l'expérience des Arbres de
Connaissances et que pensez-vous des possibilités de développer une
"intelligence collective" dans des groupes humains et bien sûr dans
des groupes d'enfants ?
BC: Je n’ai pas utilisé l’outil informatique des Arbres de Connaissances
dans ma classe ! Les AdC, cela a d’abord été une rencontre due au hasard, ce
fameux hasard source de l’univers si on en croit Albert JACQUARD. Rencontre
avec Michel AUTHIER dans un colloque que j’organisais. Moi découvrant qu’il
avait inventé l’outil permettant de concrétiser la philosophie qu’il avait
mis au point avec Pierre LEVY et Michel SERRES. Lui découvrant que dans une
petite école de campagne on pouvait s’approcher de la société pédagogique
de Michel SERRES. L’outil des AdC était aussi inutile dans une classe unique
comme la mienne (et il y en a beaucoup de semblables) qu’il pouvait l’être
dans une microsociété amazonienne qui sont en elles-mêmes des Arbres de
Connaissances.
Mais c’est dans les groupes soit plus importants, soit plus enfermés et
prisonniers de leurs structures, de leurs représentations ou stéréotypes, que
l’outil des Arbres de Connaissances peut jouer un rôle important. Il s’agit
alors d’établir, de rétablir ou d’améliorer la reconnaissance de chacun,
le pouvoir de se reconnaître soi-même et de se faire reconnaître. Un
collectif n’existe que si chaque individu existe, est perçu par les autres et
peut les percevoir. Alors la communication, l’interrelation peut s’enclencher.
On en revient sans cesse au point de départ, que ce soit de la cognition ou de
la psychanalyse : l’identité. Lorsque ce courant est amorcé, il conduit à
la constitution d’un groupe qui est en lui-même une entité, un système
vivant producteur comme chaque système qui le constitue d’une vie et d’une
pensée propre. Il y a rétroaction permanente entre le collectif et les
individus, même si leurs intérêts peuvent être différents, les deux devant
être satisfaits. Je crois que cela est fondamental. L’objectif du collectif
« classe » est apprendre. Ce que cherche à satisfaire chaque enfant dans ce
collectif n’est pas forcément « apprendre ». Ce peut être rire, se faire
plaisir à chercher, inventer, avoir des copains, se raconter etc. Dans tous les
cas il aura intérêt à se faire connaître et à bénéficier de la
connaissance des autres pour ses propres entreprises. Son intelligence dépendra
de celle des autres et apportera aux autres. La mutualisation n’a même pas
besoin d’être formulée.
Les Arbres de Connaissances, objet neutre, peuvent vraiment permettre d’établir
ou de rétablir des circuits, donner conscience et visibilité de ce que l’on
est et de ce qu’est le groupe auquel on appartient. En ce sens ils peuvent
être outil de déblocage ou de rupture. C’est lorsque l’on en a plus besoin
qu’ils ont réussi.
Ce que j’ai retenu de ma longue aventure professionnelle comme des
innombrables échanges avec mes collègues (mes pairs, mes compagnons…) qui
eux se poursuivent toujours, c’est que la route sera longue pour que l’
Education soit enfin une fonction de la Société assurée naturellement et
harmonieusement. Ce d’autant qu’elle est indubitablement liée à l’harmonie
de cette même Société, et je crois que l’éducation en sera le principal
moteur. Ce sont les enfants que nous éduquons qui en feront ce qu’eux seront
capables d’en faire, sûrement différente de nos divers phantasmes.
À ce long tâtonnement, tous les enseignants, absolument tous les enseignants
participent. L’étonnant bouillonnement des listes de diffusion, la floraison
et la richesse de sites comme le café pédagogique me remplit d’optimisme. L’intelligence
collective faite aussi de tolérance et surtout d’écoute est bien une
réalité. Mais les parents, les citoyens eux aussi devront être intégrés
dans ce qui plus qu’une école deviendra une entreprise éducative. Il faudra
aussi que cet ensemble ait la capacité d’obtenir les conditions favorables à
ce qu’un milieu devienne éducatif, ne serait-ce que scinder les
macro-structures scolaires, disposer d’espace. C’est probablement le
challenge de la prochaine décennie.
J’ai appris aussi que l’on peut toujours faire reculer les limites du
possible. Actuellement un certain nombre d’enseignants en milieu urbain se
sont résolument engagés dans les cycles en constituant des classes
hétérogènes et surtout en ôtant peu à peu la barrière de contraintes
souvent fictives qui empêchent d’avancer. Ce qu’ils font est beaucoup plus
difficile que ce que j’ai pu faire moi-même parce qu’a priori ils n’ont
pas toutes les conditions favorables que j’avais. Déjà des convergences
apparaissent. Ce sont les convergences de tous les enseignants, qu’ils soient
de classes uniques ou urbains, débutants ou chevronnés, à l’origine
traditionnels ou modernes, qui constitueront les repères solides sur lesquels l’école
pourra avancer. A condition que chacun ose rendre son tâtonnement visible, ose
théoriser sur ses pratiques, ose les confronter à celles des chercheurs. Je
crois qu’une longue marche, débutée au début de l’autre siècle, est en
train de s’amplifier.
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