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La pédagogie de la structure et de la communication

Dépôt légal, juillet 2012 – 56 pages
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 Dans ce texte écrit en 1989 comme contribution à un colloque sur l'illettrisme, l'auteur jetait les fondements de ce qu'il a appelé une école du 3ème type. Il les a repris et approfondis par la suite, en particulier dans "L'école de la simplexité" et dans les « chroniques d’une école du 3ème type »

Plutôt que de s'attacher à la pédagogie de la lecture et de son apprentissage, c'est le système école qu'il reconsidère. Ce système doit être un système vivant. Pour ce faire, ce qui est important c'est la structure qui permet la circulation des informations entre les éléments qui le constituent (les enfants), informations en provenance de son intérieur puis de l'extérieur. C'est dans les interactions qui caractérisent une communication que se construisent naturellement les langages, en particulier l'écrire-lire.

D'où "La pédagogie de la structure et de la communication" ... qui n'est pas vraiment une pédagogie comme Bernard COLLOT le dira par la suite. 

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Sommaire

- Une problématique

- Structure et informations.

- Des systèmes fermés aux systèmes ouverts et à la complexité.

- La classe, système ouvert et complexe.

Ce qui se passe dans la classe.

- A l'intérieur.

- L'environnement extérieur.

- L'extension du sysème vivant.

- Le réseau.
Extrait 

La structure d'un système réseau peut devenir effroyablement complexe, comme celle du système classe. Mais, et j'insisterai encore sur ce point, elle se crée peu à peu, en très grande partie à l'insu de tous (c'est à dire des enseignants). Au départ, elle est toujours simple, voire sommaire. L'important est qu'elle puisse évoluer, puis c'est au fur et à mesure que commence la circulation des informations, et par cette circulation, qu'elle va se complexifier.
Ce qui explique que par exemple le réseau ICEM-ACTI-EDUCAZUR (actuellement il s'agit du réseau MARELLE ndlr) tel que l'on pouvait le voir de l'école de Moussac en 1989 (voir croquis), a mis plusieurs années pour en arriver à cet état. Ce qui explique aussi que les classes uniques ont été particulièrement à l'aise puisque leurs propres structures ont évolué en même temps que celles du réseau (ou que celles du réseau ont évolué en même temps que celles des classes uniques). Ceci explique parfois un certain nombre de problèmes, le système général étant fait de systèmes différents qui n'en sont pas au même point.

Il nous a été difficile de visualiser la structure du réseau 1988 parce que peu ont informé sur ce qui s'était passé dans leur classe, mais on se rend quand même compte que cette structure a pu ne pas être homogène, autrement dit, il a pu se former des réseaux dans le réseau, cette auto-structuration dépendant bien de celles de chaque classe et de chaque individu. Le système vit si chacun des systèmes qui le composent vit, alors, nécessairement, une structure d'ensemble non prévue et non prévisible s'établit.

L'importance de l’information est, je l'ai déjà dit, capitale dans l'évolution de l'individu. L'ampleur, voire la sophistication d'un réseau peut faire croire que l'on ne jure que par la communication, que l'on a oublié l'individu, c'est à dire l'enfant. Non, chaque fois, c'est par lui que l'information passe, est transformée, rebondit et le transforme.

Nous avons vu qu'il n'est pas possible à une classe formant un système fermé d'évoluer, et donc de favoriser l'évolution des individus qui la composent (cette évolution se faisant ailleurs et la classe ne jouant plus aucun rôle dans cette évolution). Mais il n'est pas possible non plus à des individus eux-mêmes constitués en systèmes d'évoluer à leur tour s'ils ne peuvent s'explorer eux-mêmes (c'est à dire leur environnement interne), s'ils ne peuvent assurer la circulation de leurs propres informations. C'est ce qu'on appelle l’expression et la création. La poésie relève aussi de l'information, comme la peinture, le dessin... C'est de l'information sur soi, pour soi, pas forcément pour les autres. C'est aussi une réelle circulation de cette information dans son intérieur (psyché), et c'est en la favorisant que l'on va aussi aider l'enfant à se structurer. Elle est d'autant plus essentielle qu'il ne peut y avoir de communication s'il n'y a pas identité. Et la construction de son identité, si elle ne peut se faire hors du groupe, doit aussi se faire dans l'exploration de soi-même. Nous en sommes à tel point convaincus que dans nos classes uniques, les petits n'abordent la communication avec l'extérieur qu'après avoir peu à peu étendu leurs cercles. Ce qui demande pour certains plusieurs années. Nous rompons donc avec des pratiques que certains considèrent comme modernes dans la systématisation de la correspondance en maternelle ou au CP.

Correspondance, réseaux avec tous leurs outils, ne sont que partie de cet extraordinaire tourbillon d’informations qui contribuent à la construction et à l’évolution de chacun comme des entités sociales dans lesquelles chacun vit.

Et l’illettrisme dans tout cela ? A part de rares cas de troubles de la parole, tous les enfants apprennent à parler dans l’entité que constitue leur famille. On parle autour de l’enfant, on lui parle, il a besoin de parler pour exister dans la famille, la famille a besoin de la parole pour constituer une entité. Il se construit le langage le plus complexe qui existe pour un petit d’homme dans toutes les informations qu’il perçoit, qu’il s’essaie et s’amuse à produire et dans toutes les interactions ainsi provoquées. La problématique de la construction du langage écrit est strictement la même. Nous nous attachons donc logiquement et simplement à cette problématique. La structure d’un nouveau système vivant permettant la circulation des informations qui le font vivre et y font vivre chacun, ce qui nécessite la construction d’autres langages, en particulier le langage écrit. Les troubles de la lecture et de l’écriture y sont aussi rares que ceux de la parole.